Il y a les monuments, les temples, les paysages qu’on montre sur Instagram. Et puis il y a tout le reste : les histoires qu’on se raconte entre nous, longtemps après, celles qui font rire ou qui font dire « tu te souviens quand… ». Pour ce dernier épisode, j’ai eu envie de les regrouper.
Les anges gardiens du séjour
Voyager à dix, dans un pays où l’anglais se fait rare, ça ne s’improvise pas. On a eu deux personnes en or pour ça.
Diane, notre service de conciergerie, a été notre solution à chaque imprévu. Le meilleur exemple : un client du groupe oublie son téléphone à l’hôtel de Hakone. Le soir même, il le récupère… à l’hôtel de Kyoto. Diane avait tout orchestré sans même qu’on ait eu le temps de s’inquiéter.
Aya, elle, nous a accompagnés comme guide à Kyoto puis à Miyajima, avec un humour et une énergie qui ont fini par nous embarquer nous aussi. À la fin de l’étape à Miyajima, elle faisait presque partie du groupe. C’est peut-être ça, la vraie signature d’un beau voyage : des personnes qui transforment une visite en souvenir partagé.
Ce niveau de service qui n’existe nulle part ailleurs
Le Japon a cette capacité à transformer une étourderie en non-événement. À Tamano, j’oublie mes lunettes Meta dans ma chambre d’hôtel. Quelques jours plus tard, elles arrivent chez moi, en France, renvoyées sans même que j’aie eu besoin de demander. Le téléphone retrouvé de Hakone à Kyoto raconte exactement la même chose : ici, un oubli n’est jamais vraiment un problème, quelqu’un s’en occupe avant même que vous ayez le temps de paniquer.
Les objets qui sont rentrés avec moi (et ceux que je porte encore)
Certains souvenirs ne se racontent pas, ils se portent. Le premier jour, un cours de calligraphie avec notre guide me réconcilie avec mon rôle de touriste : je reparts avec mon prénom calligraphié sur un tee-shirt, que je porte encore aujourd’hui.
À Miyajima, dans une toute petite boutique, une maman couturière transforme de vieux kimonos en pièces contemporaines. Impossible de résister : une blouse repart avec moi jusqu’à Clermont, où elle continue de faire son effet.
Les moments qui m’ont un peu déstabilisée (et c’est très bien comme ça)
Premier jour, sous la pluie, mon imperméable jaune vif détonne complètement au milieu des tenues sobres du métro de Tokyo. Première leçon du voyage : ici, on se fond dans la foule, on ne la bouscule pas.
Deuxième soir, dîner BBQ, je pique un morceau de viande un peu ferme mais pas mauvais… jusqu’à ce que Google Traduction m’apprenne que je viens de manger de la langue de bœuf. Moi qui n’en mange jamais. Le reste du repas devient nettement plus contemplatif.
Et puis il y a Nara, où tout le monde s’extasie devant les daims en liberté sauf moi, qui garde mes distances avec ma phobie des animaux bien en tête. Cette étape restera dans ma mémoire pour d’autres raisons que celles imaginées au départ.
Les pauses qu’on n’avait pas prévues
Tous les moments marquants d’un voyage ne sont pas spectaculaires. À Okayama, capitale du jean japonais, cinq heures d’attente nous tombent dessus avant de rejoindre Naoshima. On dépose les valises en consigne, on part explorer… et on finit par passer près de deux heures dans une seule boutique de jeans, sans grande conviction mais avec beaucoup d’application. Pas le plus beau souvenir du voyage, mais sûrement l’un des plus racontés depuis.
Voilà, treize jours résumés à travers ce qu’aucun guide ne raconte. Et si ces histoires vous donnent envie de vivre les vôtres, c’est qu’elles ont fait leur travail.