Le Kirghizistan est l’un des derniers pays où la yourte n’est pas un simple gadget touristique, mais un véritable mode de vie encore pratiqué par les familles nomades. Pendant notre périple, la majorité de nos nuits se sont déroulées dans des camps de yourtes, à raison de 2 à 5 personnes par yourte. D’un camp à l’autre, l’expérience a été radicalement différente : confort, altitude, isolement, chaleur humaine… Voici notre retour, camp par camp.
1er camp – Yurt Camp Sonun, à Bokonbaev
Notre périple a commencé à Bokonbaev, au Yurt Camp Sonun. C’était, sans conteste, le camp le plus haut de gamme de tout le séjour mais aussi le moins authentique des trois.
Situé à une altitude plus basse que les camps suivants, il offrait un confort assez inattendu pour des yourtes : chaque yourte disposait de ses propres prises électriques, et des sanitaires étaient installés juste devant chaque logement.
Autre particularité : pas de cheminée dans les yourtes. Ici, elles sont si bien isolées avec sa fabriquation en laine que le chauffage d’appoint n’était pas nécessaire. Un premier contact en douceur avec la vie en yourte, presque « hôtelier » comparé à la suite du voyage.
2e camp — Nazira Yurt Camp, à Tash Rabat
Changement radical d’ambiance pour le deuxième camp, le Nazira Yurt Camp, près de Tash Rabat. Ici, plus aucun réseau téléphonique, et une altitude nettement plus élevée. Il nous a fallu environ une heure de route pour y accéder, au milieu de vallées désertes, sans aucune autre construction alentour.
Le froid s’est fait sentir dès notre arrivée : bonnet et écharpe étaient de rigueur, même en intérieur. Les chiens du camp nous ont accompagnés tout au long du séjour, ainsi que d’autres animaux qui évoluaient librement autour des yourtes.
Côté sanitaires, l’expérience était totalement différente du premier camp : une installation façon hammam, avec chaudron, bassine d’eau, gel douche et shampoing fournis ; un vrai retour aux sources.
Chaque yourte possédait sa propre cheminée, que l’on prenait soin d’allumer avant de rejoindre la yourte principale pour le dîner, afin de la retrouver bien chaude au moment du coucher avec d’épaisses couettes bien nécessaires. Seule la yourte principale disposait du wifi et de prises électriques.
Mais ce qui a vraiment marqué ce camp, c’est l’accueil de Nazira elle-même, la propriétaire des lieux, qui donne son nom au camp. Sa convivialité nous a fait sentir comme des amies invitées plutôt que de simples clients : elle nous a même saluées personnellement au terme de nos nuits. De loin le camp le plus immersif et le plus chaleureux des trois.
3e camp — Yurt Camp Baiysh, au lac Son-Koul
Direction ensuite le Yurt Camp Baiysh, à plus de 3 000 mètres d’altitude, au bord du lac Son-Koul. Ce camp se mérite : la route qui y mène est étroite et sinueuse, avec de nombreux virages.
Avec la chaleur inhabituelle que nous avons connue ce jour-là, nous avons été envahis par une nuée de petits insectes façon moucherons-moustiques, un désagrément qui, combiné à la taille du camp (pas moins de 50 yourtes, très fréquenté par les touristes), en a fait le séjour le moins confortable des trois.
Le camp est néanmoins entouré de familles nomades qui vivent sur place durant toute la saison estivale. Nous avons eu la chance de suivre un cours de cuisine directement dans une yourte, avec l’une de ces familles , un moment simple et convivial, à mille lieues de l’image « carte postale » que l’on peut se faire de ces habitations.
Le village de Kyzyl-Tou : à la rencontre des artisans de la yourte
Notre arrêt suivant nous a menées au village de Kyzyl-Tou, où une famille locale nous a révélé les secrets de la fabrication des yourtes. Cet art se transmet ici de génération en génération, et cette famille en particulier le pratique depuis plusieurs générations. Nous avons eu la chance d’assister, et même de participer, à la construction d’une yourte de A à Z : de la structure en bois au feutre de laine qui l’habille.
Trois camps, trois altitudes, trois niveaux de confort et une seule certitude : dormir en yourte au Kirghizistan est une expérience qui mérite d’être vécue plusieurs fois, tant chaque camp raconte une histoire différente du pays.