Treize jours. C’est le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que le Japon ne se raconte pas, il se ressent. Avant même de poser mes valises, avant même le premier temple ou le premier bol de ramen, c’est une succession de petits chocs, de silences et de détails qui m’a happée. Voici ce que j’aurais aimé savoir avant de partir et ce qui, avec le recul, fait tout le charme de ce pays.
Le vol, première étape du dépaysement
Compte tenu de la durée du trajet, je recommande sans hésiter la classe Eco Premium sur Air France : le confort change vraiment la donne sur un vol aussi long, et si le budget le permet, la Business reste évidemment le nec plus ultra. Pour les budgets plus serrés, un aller-retour sur Tokyo suffit largement : les trains entre Osaka, Kyoto et Tokyo sont si pratiques qu’on peut tout de même explorer le pays en profondeur.
Tokyo sous la pluie, et moi dans mon imperméable jaune
Mon tout premier jour à Tokyo, il pleuvait. Et moi, fidèle à mon imperméable jaune, je détonnais complètement au milieu d’une foule habillée avec une sobriété presque chorégraphiée costumes sombres, uniformes scolaires impeccables, aucune fantaisie. J’ai compris en quelques minutes que je venais de débarquer dans un pays où l’harmonie collective prime sur l’expression individuelle.
Ce sentiment s’est confirmé dans le métro : personne ne parle. Tout le monde est plongé dans son téléphone, dans un silence presque religieux, et on se déplace d’une ligne à l’autre sans un bruit. Ce respect du voisin, de l’espace commun, je l’ai retrouvé partout jusque dans les zones fumeurs, clairement délimitées pour ne jamais incommoder personne.
Le grand malentendu des restaurants
Autre surprise de taille : la restauration. Beaucoup de restaurants proposent de commander via un QR code, mais lorsque le menu est uniquement en japonais et que l’anglais est peu parlé, cela devient vite une aventure ! Alors j’ai adopté une technique très personnelle : aller voir des touristes occidentaux à la table d’à côté pour leur demander ce qu’ils mangeaient. Ils m’ont aidée à décrypter le menu et nous avons choisi les plats ensemble. Finalement, c’est aussi ça le voyage : de belles rencontres autour d’une table ! Le deuxième soir, un dîner barbecue m’a valu mon plus grand choc culinaire : un morceau de viande à la texture surprenante, que Google Traduction m’a révélé être… de la langue de bœuf. Une découverte qui m’a coupé l’appétit sur le moment, mais qui reste aujourd’hui une anecdote que je raconte avec le sourire. Voyager à dix rendait l’exercice du restaurant encore plus complexe, si bien que j’ai fini par faire appel à un service de conciergerie, un vrai luxe pour dénicher des tables capables d’accueillir un groupe.
Le choc culturel, en douceur
Ce qui frappe le plus au Japon, ce n’est pas un choc brutal, mais une accumulation de détails : la discipline dans les files d’attente, la propreté absolue, ce sentiment de sécurité permanent quel que soit le quartier ou l’heure. Un guide dès le premier jour m’a beaucoup aidée à décoder ces codes, tout comme un atelier de calligraphie où j’ai découvert la finesse de l’écriture japonaise et même customisé un tee-shirt à mon prénom.
Ce premier contact, entre pluie, silence et petits impairs culinaires, a posé les bases de tout le voyage : au Japon, on n’observe pas seulement un pays, on apprend à s’y fondre.
À suivre…